top of page
  • Photo du rédacteurAudrey-Anne Lacasse

L’histoire de l’agriculture au Québec 

Dernière mise à jour : 29 mars


C’est en regardant notre histoire que nous pouvons comprendre notre présent. L’agriculture au Québec s’est transformée à plusieurs reprises au cours des derniers siècles. On voit encore les vestiges de notre passé en regardant par le hublot d’un avion ou encore sur Google Earth notre territoire vu d’en haut. Les seigneuries côtoient les cantons. 

 

illustration des Trois soeurs, technique agricole des Premières Nations
Les trois soeurs

Avant 1534 

Avant l’arrivée des Européens, les Iroquoiens cultivaient les trois sœurs (maïs, haricot et courge) et récupéraient leurs semences pour les planter l’année suivante. Afin d’obtenir de la viande et des peaux, ils faisaient du troc avec les peuples chasseurs. Avec l’arrivée des Européens, les Premières Nations échangeaient leurs surplus avec ceux-ci pour obtenir des outils qui facilitaient leur quotidien. 



De 1534 à 1759 

Puis, les Français sont arrivés en Europe. En 1534, Jacques Cartier a réclamé le territoire au nom du roi de France. Les Français ont commencé à cultiver le territoire qu’à partir du 17e siècle. Au cours de la deuxième moitié du 17e siècle, l’intendant Jean Talon gardait des parcelles pour faire des expérimentations et des démonstrations de techniques agricoles pour les colons. Il les conseillait sur les méthodes agricoles. Pour aider davantage les colons, l’intendant Jean Talon a instauré le régime seigneurial. Le seigneur est un noble venu d’Europe qui a reçu une terre, appelée seigneurie. La seigneurie est divisée en plusieurs parcelles rectangulaires, appelées censives. Les censives sont positionnées de façon à avoir facilement accès à de l’eau. Le censitaire cultive sa terre, sa censive. L’implantation de seigneuries avait pour but de favoriser l’entraide entre les colons. 

 

 


Plan d'une seigneurie au Québec
crédit Histoire du Québec et du Canada: https://bit.ly/4crIi1J

18e siècle 

Au 18e siècle, le Québec est passé sous la gouvernance du roi d’Angleterre en 1759. Les Anglais ont diversifié les méthodes de culture et ont créé la Société d’agriculture en 1792. Le Québec a épuisé ses sols pour la production du blé, même si le gouvernement anglais encourageait davantage l’ouest du Canada et les Maritimes à produire du blé. 

En 1796, le premier canton est fondé. Les seigneuries sont à portée d’un cours d’eau alors que les cantons sont plus loin dans les terres. Des routes ont donc été érigées afin de parvenir aux cantons. Un canton est une terre de forme carrée qui est séparée en plusieurs lots et qui comprend l’espace pour l’église. Contrairement à la seigneurie, le canton n’a pas d’autorité seigneuriale : le producteur est propriétaire de sa terre. 

 

19e siècle 

Au 19e siècle, le Québec devait importer du blé de l’ouest du Canada pour subvenir à ses besoins. C’était principalement une agriculture de subsistance qui était peu mécanisée. Le travail aux champs était fait à la main et grâce aux animaux. L’agriculture commerciale était peu présente en considérant les surplus vendus en ville. Graduellement, l’agriculture s’est modifiée pour se commercialiser. La première école d’agriculture au Québec a vu le jour à Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1859. Les producteurs pouvaient alors se former dans une école. La mécanisation était encouragée afin d’augmenter la production.  

À la fin du 19e siècle, le Québec s’est tourné vers la production animale, notamment la production laitière. Cette dernière est devenue l’activité agricole principale du Québec, ce qui est toujours le cas de nos jours. Le gouvernement a mis en place un système d’inspection de la qualité des produits laitiers. Des entreprises de transformation du lait se sont développées dans la province comme des beurreries et des fromageries. Dans les mêmes temps, des ouvrages ont été produits afin d’éduquer la population sur l’agriculture. L’Acte de l’Amérique du Nord britannique en 1867 stipule que l’agriculture est un pouvoir partagé au niveau provincial et fédéral. C’est ce qui explique que les producteurs doivent suivre à la fois les lois du gouvernement fédéral et provincial. En 1887, le ministère de l’Agriculture a été créé. 

 

20e siècle 

L’agriculture s’est mécanisée au 20e siècle grâce à la machine à vapeur et les manèges à chevaux. Cette mécanisation a permis de diminuer la quantité de main-d’œuvre nécessaire et d’augmenter l’efficacité de la production. 

Avant la Première Guerre mondiale, l’agriculture au Québec était principalement de subsistance. Des travailleurs se déplaçaient de ferme en ferme pour offrir leurs services. De plus, un exode rural s’est observé. À partir de 1911, le concours du Mérite agricole récompense les innovateurs agricoles à l’Exposition provinciale de Québec. Puis, en 1913, les premiers agronomes sont employés pour aider les producteurs agricoles à améliorer leurs pratiques agricoles. 

La Première Guerre mondiale a favorisé la commercialisation et la diversification de l’agriculture au Québec. Le Québec exportait ses produits agricoles pour soutenir les pays qui ont souffert de la guerre. De plus, les terres se sont appauvries par manque de moyens pour acheter des fertilisants. La Coopérative fédérée de Québec a été créée en 1922, suivie de l’Union catholique des cultivateurs en 1924. L’Union catholique des cultivateurs est devenue en 1972 l’Union des producteurs agricoles (UPA). L’UPA est l’unique syndicat autorisé au Québec de nos jours. En 1929, l’Union catholique des cultivateurs a fondé le journal La Terre de chez nous que nous retrouvons encore aujourd’hui. 

Avant la Deuxième Guerre mondiale, les producteurs surproduisaient, ce qui a causé la chute des prix. Les revenus des producteurs ont diminué davantage que les revenus à la ville. Un retour vers l’agriculture de subsistance a été observé et les fermes se sont multipliées. Le gouvernement encourageait les familles plus pauvres à se tourner vers l’agriculture. Les terres de colonisation ont permis de défricher les régions de l’Abitibi, le Témiscamingue, la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, mais les sols étaient difficiles à défricher. C’est ce qui a causé les gens à se tourner vers les domaines minier et forestier. La Corporation des agronomes du Québec a été fondée en 1937. Dans les années 1930, les tracteurs et les camions ont facilité la production agroalimentaire au Québec. Une partie de la production agricole est exportée aux États-Unis et au Royaume-Uni. 

Après la Deuxième Guerre mondiale, le nombre de fermes a diminué et leur grandeur moyenne a augmenté afin de moderniser l’agriculture au Québec. La population qui habitait à la campagne a diminué également, se dirigeant vers les villes. C’est l’ère de l’industrialisation de l’ensemble de la société québécoise, incluant l’agriculture. Afin de rendre les fermes du Québec compétitives, environ 100 000 fermes ont dû cesser leurs activités, ce qui a mobilisé les ressources vers les fermes les plus productives.  

L’Office de l’électrification rurale, mis sur pied en 1945, a permis d’apporter l’électricité à un plus grand nombre de fermes. Le rendement a augmenté, car l’électricité permet d’utiliser des outils pour accélérer la production et pour conserver plus longtemps les produits. Il était alors possible d’augmenter la superficie cultivable, tout en réduisant la charge d’employés. Les revenus des producteurs agricoles ont ainsi augmenté. La production animale a pris de l’ampleur dans les années 1950 et 1960. Le gouvernement soutient les producteurs agricoles par différentes mesures : Crédit Agricole (prêts monétaires pour développer les exploitations agricoles), création d’écoles d’agriculture, drainage des terres, amélioration du système routier rural … 

En 1978, la Loi sur la protection du territoire agricole a pour but de limiter la perte des terres agricoles pour la construction immobilière. Des zones agricoles, qui sont communément appelées zones vertes, réglementent l’utilisation de ces terres. Celles-ci doivent être utilisées à des fins agricoles. Même la construction d’une maison pour le propriétaire est réglementée. La Commission de protection du territoire agricole du Québec s’assure de faire appliquer la loi. 

L’UPA s’est battue pour la création d’outils pour les producteurs agricoles, par exemple l’assurance récolte, l’assurance stabilisation des revenus agricoles, les contingents pour le lait, la volaille et les œufs. 

Le rapport d’April recommandait l’utilisation d’engrais et pesticides chimiques pour maximiser les rendements des cultures. Le but était de faire de l’agriculture le principal composant du développement économique du Québec. 

 

21e siècle 

L’Union paysanne a été créée la même année que La Financière agricole du Québec (FADQ), soit en 2001. L’Union paysanne a pour but d’augmenter l’agriculture de proximité afin de tendre vers une autonomie alimentaire québécoise qui a grandement diminué au fil des décennies. Un seul syndicat est reconnu en agriculture pour être le porte-parole des producteurs agricoles. C’est présentement l’UPA. 

 

Notre histoire a été mouvementée. Où nous mènera-t-elle pour le futur ? 


Pour votre bonheur, et un moment assuré d'émotion, nous vous invitons à visionner cette fresque produite par l'UPA en l'honneur de leur 100e anniversaire... "Habiter la terre": https://youtu.be/1AtI0ItXaqI?si=7I3DlmDGUeCRDOd0

 

Références 

Alloprof. (s. d.). L’agriculture dans les Canadas. Alloprof. https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/l-agriculture-1791-1840-h1549, consulté le 17 mars 2024. 

Dick, L. et Taylor, J. (2015). Histoire de l’agriculture jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. L’encyclopédie canadienne. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/histoire-de-lagriculture, consulté le 29 août 2023.  

Lapointe, L. et Bouhabila, N. (2023). Actualité bioalimentaire. Gouvernement du Québec. Volume 31. Numéro 12. https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Bioclips/BioClips2023/Volume_31_no12.pdf, consulté le 16 septembre 2023.  

Mercier, M. (s. d.). Le territoire agricole : Territoire agricole national. M. Univers Social. https://sites.google.com/view/muniverssocial/g%C3%A9ographie-et-%C3%A9ducation-%C3%A0-la-citoyennet%C3%A9/territoire-agricole-territoire-agricole-national, consulté le 17 mars 2024. 

RÉCIT univers social. (2024). Histoire du Québec et du Canada. Histoire du Québec et du Canada, domaine de l’univers social. https://histoire.recitus.qc.ca/periode/explorer/1840-1896/page/l-agriculture, consulté le 18 janvier 2024.  

Robichaud, L. (2024). Les seigneurs et les censitaires. Sociétés et territoires. https://primaire.recitus.qc.ca/sujet/organisation/nouvelle-france-1745/content/les-seigneurs-et-les-censitaires. Consulté le 4 février 2024. 

Union des producteurs agricoles. (s.d.). Notre histoire. Union des producteurs agricoles. https://www.upa.qc.ca/producteur/a-propos/notre-histoire, consulté le 2 septembre 2023.  

Veilleux, J.F. (2020). Brève histoire de l’agriculture au Québec. La Gazette de la Mauricie. https://gazettemauricie.com/breve-histoire-de-lagriculture-au-quebec/#:~:text=Dès%201931%2C%20l%27UCC%20avait,à%20une%20certaine%20exportation%20massive, consulté le 2 septembre 2023. 

0 commentaire

Comments


bottom of page