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Derrière les bouquets : découvrir la microproduction florale de Florivy

il y a 5 jours
5 min de lecture

Je m’aperçois de plus en plus des fleuristes autour de moi. Est-ce parce que je vieillis et que je m’intéresse davantage aux fleurs? Peut-être! Mais je sais que de jeunes entreprises se lancent en floriculture ou en fleuristerie et transforment le domaine des fleurs. Aux différents marchés publics que je fréquente, il est courant de voir un kiosque de fleurs coupées. Et de bouche à oreille, j’ai découvert Florivy. Sa propriétaire, Judith Métayer, allie la microproduction de fleurs à ses activités de fleuristerie. Tout au long de l’année, il est possible d’avoir un bouquet, mais l’hiver suit la saison avec des bouquets séchés. J’ai eu la chance de rencontrer une entrepreneure motivée qui m’a éclairée sur son parcours et son métier.



Le parcours de Judith 

Judith a été graphiste pendant plus de 18 ans. Puis, elle s’est fatiguée du travail à l’ordinateur. Son amour pour les fleurs l’a inspirée à se lancer en fleuristerie plus traditionnelle. Elle ne s’est pas lancée dans son projet sur un coup de tête. Elle s’est inscrite à un cours de lancement d’entreprise et elle s’est formée dans le domaine de la fleur. En découvrant la culture des fleurs, son projet s’est réorienté vers une microproduction de fleurs québécoises. C’est une nouvelle avenue au Québec, ce qui implique qu’il y avait peu de formations sur le sujet lors de son démarrage d’entreprise.

Maintenant, Floramama offre une belle formation pour ceux qui veulent se lancer en floriculture de petite surface en plus d’un livre qui relate des expériences de Floramama. N'ayant pas la formation disponible, Judith s’est formée aux États-Unis et de façon autodidacte grâce à Internet, aux livres, aux formations privées et à l’expérience acquise par essais et erreurs. L’ensemble des formations ne représente pas vraiment une formation agricole reconnue, ce qui impacte l’admissibilité à plusieurs subventions, mais elles ont été utiles à Judith.

C’est ainsi qu’est née son entreprise, Florivy. Judith a eu la chance de pouvoir se concentrer à 100% dans son entreprise dès son début grâce au support de son conjoint. Dans les périodes plus tranquilles, elle fait encore quelques contrats de graphisme.



La microproduction de fleurs coupées 

Judith a deux volets dans sa microproduction de fleurs coupées. Elle fait un peu de fleurs annuelles et plus de fleurs vivaces. En matière d’investissements, les vivaces sont un gros coup à donner, mais une fois implantées, elles restent en place de nombreuses années. Les annuelles sont parties comme des semis dans les installations intérieures à Judith vers la fin de l’hiver. Les fleurs et le moment de semis sont soigneusement choisis en fonction de ses besoins et de la période de floraison.


Florivy est une jeune entreprise qui n’a pas encore de serre. Les fleurs sont cultivées dans des jardins, dont des bacs pour mieux contrôler le type de sol. Florivy est située sur un terrain rocailleux, ce qui a fait réaliser à Judith l’importance de connaitre son sol pour bien le travailler selon la fleur à y planter. Elle s’est adaptée à son environnement, mais elle reste dépendante de la météo, des maladies et des insectes qui peuvent affecter sa production de fleurs.


En été, le travail commence tôt, vers 7 ou 8 heures. Judith fait le tour de ses jardins pour déterminer les fleurs qui sont prêtes. Elle les récolte le matin et, rapidement, elle va hydrater les fleurs et les mettre dans un endroit frais. Idéalement, Judith laisse les fleurs se reposer une journée avant de faire les arrangements floraux. S’il lui manque des fleurs, elle complète avec l’offre florale d’autres fermes florales. L’après-midi est plutôt consacré à l’entretien des jardins, donc désherber et couper les parties des plantes qui ne sont plus bonnes et qui limite la production de fleurs. 


La sensibilité de Judith envers l’environnement l’amène à vouloir réduire le gaspillage, dont celui de ses fleurs. Puisqu’elle produit ses fleurs pour ses propres besoins de fleuristerie, elle peut s’adapter aux tiges moins parfaites lorsqu’elle réalise ses arrangements floraux. Les fleurs moins belles peuvent être séchées pour en faire des confettis de pétales séchés. Celles qui ne peuvent vraiment pas être utilisées sont compostées.


Afin de boucler la boucle du cycle de vie de ses fleurs, Judith offre le service de préservation des fleurs. Que ce soient ses fleurs ou celles apportées par ses clients, Judith peut les faire sécher, pressées ou les figer dans un gel de silice qui conserve les couleurs et la profondeur des fleurs. Pour ses fleurs, elle peut réaliser des bouquets de fleurs séchées hors saison. C’est une façon d’étirer le plaisir de la fleur et de promouvoir les fleurs locales. C’est possible de produire de super belles fleurs de qualité au Québec. 


 



Florivy, une entreprise innovante, mais pleine de défis 

Florivy est dirigée par une entrepreneure inspirante, positive et motivée qui a de beaux projets. Florivy, c’est aussi une jeune entreprise qui fait sa place. Judith se positionne dans l’événementiel avec les mariages entre autres. Elle étire sa saison avec ses fleurs séchées et des produits dérivés réalisés à partir d’huiles essentielles ou de fragrances naturelles de fleurs prises chez des herboristes.


Malgré la passion qui transparait dans le discours à Judith, la floriculture n’est pas juste ce qu’on voit sur Instagram. C’est un métier physique qui demande beaucoup de temps et d’investissements. Le gros du travail se fait l’été, donc c’est plus difficile de prendre des vacances à cette période. En plus, travailler la terre est salissant : Judith en a les mains noires! Ce n’est pas très « glamour », mais c’est un métier de cœur et d’envie. On ne voit pas tout le travail derrière la production de fleurs. 



Judith a eu la chance de pouvoir s’investir à 100% dans son entreprise dès le départ, mais beaucoup conservent un deuxième emploi en même temps. C’est beaucoup de travail de faire la production, mais aussi de réaliser la promotion et la mise en marché. Travailler en floriculture, c’est un rêve, mais il ne faut pas juste vendre du rêve. C’est un travail demandant qui peut nécessiter de mettre ses bottes d’eau et son casque à bibittes pour travailler. Il y a tout un travail que nous ne voyons pas comme consommateurs de fleurs coupées. Pour trouver son producteur de fleurs coupées, le site Internet de l’Association des Productrices.eurs de Fleurs Coupées du Québec (APFCQ) a une carte interactive. Il est même possible de filtrer selon le produit que l’on cherche : abonnement, autocueillette, événements, etc.

Tout au long de ma conversation avec Judith, je sentais sa passion et son plaisir de travailler dans son entreprise et même de se salir les mains!



Audrey-Anne


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